Des saveurs savantes jusque dans l’espace !

Des saveurs savantes jusque dans l’espace !

l’ADAES au rendez-vous de la fête de la science a tenté de répondre à une question savoureuse :" Comment conserver le plaisir de manger à bord de la Station spatiale internationale?"

Le deuxième week-end d’octobre, comme chaque année, s’est tenue la Fête de la science, placée cette fois sous le thème des Saveurs savantes. Fidèle au rendez-vous depuis la création de l’événement, l’ADAES était une nouvelle fois au rendez-vous avec un stand consacré à une question aussi surprenante que savoureuse : comment se nourrir et conserver le plaisir de manger à bord de la Station spatiale internationale (ISS) ?

Selim Ennjimi et Margaux Jouannaud nous ont accueillis dans le cadre somptueux du musée national Adrien-Dubouché. Pour coller au thème de cette édition, nous avons proposé aux visiteurs un voyage sensoriel à la découverte des particularités de l’alimentation dans l’espace. Car, en apesanteur, manger et apprécier les saveurs est loin d’être aussi simple que sur Terre !

Un nez bouché, des saveurs chamboulées !

En microgravité, les fluides corporels se redistribuent : le sang et les autres liquides ont tendance à remonter vers le haut du corps, provoquant notamment une congestion du visage et une sensation de nez bouché. Résultat : l’odorat est altéré et les aliments peuvent sembler plus fades.

Pour le démontrer, rien de tel qu’une dégustation à l’aveugle ! Sur notre premier atelier, les élèves, les yeux bandés et munis d’une pince à linge sur le nez, ont tenté d’identifier différents fruits et légumes. La poire, la banane, l’ananas ou encore la carotte, aux saveurs bien marquées, ont généralement été reconnus sans trop de difficultés. En revanche, la pomme et le navet, plus discrets, ont donné davantage de fil à retordre à nos jeunes goûteurs. Une expérience amusante qui leur a permis de constater combien l’odorat contribue à la perception des saveurs.

Une ambiance olfactive… qui laisse des souvenirs !

Dans l’ISS, malgré les systèmes de filtration de l’air, les odeurs peuvent être tenaces. Elles proviennent notamment de la transpiration des astronautes, des matériaux et des parois métalliques, mais aussi des nombreuses expériences menées à bord.

À grand renfort d’huiles essentielles, l’ADAES a tenté de reconstituer cette ambiance olfactive si particulière. À voir les jeunes pousses se pincer le nez et grimacer, on devine que cet atelier n’a pas forcément remporté tous les suffrages !

Nous en avons profité pour explorer un phénomène méconnu : la rétro-olfaction. Ce mécanisme permet aux molécules odorantes des aliments de remonter vers les fosses nasales depuis la bouche, notamment pendant la mastication, et contribue ainsi pleinement à la perception des saveurs.

Les participants ont d’abord dégusté un morceau de chocolat. Une fois leurs papilles en éveil, nous avons saturé leurs récepteurs olfactifs avec des odeurs puissantes, comme celles de l’extrait de café ou des huiles essentielles d’eucalyptus et de vétiver. Pour la plupart, le verdict était sans appel : ces odeurs perturbaient la perception du chocolat et en atténuaient les arômes. Comme quoi, le plaisir gustatif ne dépend pas uniquement de ce qui se passe dans la bouche !

L’umami, l’allié des astronautes gourmands

Pour stimuler l’appétit des voyageurs de l’espace, les spécialistes de la nutrition misent notamment sur des aliments riches en saveurs, en particulier en umami, souvent présenté comme le cinquième goût fondamental, aux côtés du sucré, du salé, de l’acide et de l’amer. On le retrouve notamment dans certains bouillons, les viandes longuement cuites, la sauce soja ou encore la sauce Worcestershire. Les préparations relevées, à base de moutarde ou de piment, peuvent également contribuer à réveiller les sensations gustatives.

Sur notre troisième atelier, les élèves ont pu tester ces saveurs et départager les différents candidats. Et le grand gagnant fut… le Viandox, qui a remporté la palme haut la main ! Une preuve, s’il en fallait une, que les goûts et les préférences restent parfois bien surprenants.

L’alimentation spatiale peut aussi faire appel à de grands noms de la gastronomie. Sophie Adenot, astronaute française, a ainsi sollicité la cheffe Anne-Sophie Pic pour élaborer quelques plats qu’elle a emportés dans l’espace. De quoi rappeler que, même à des centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes, le plaisir de la table conserve toute son importance !

Des connaissances mises à l’épreuve

Enfin, un quatrième atelier, composé de quiz interactifs, a permis aux visiteurs de vérifier les connaissances acquises tout au long de leur parcours. Une manière ludique de conclure cette exploration des liens entre goût, odorat et alimentation spatiale.

Au total, 27 classes et plus de 350 élèves se sont pressés autour de notre stand. Curiosité, découvertes, dégustations et grimaces étaient au rendez-vous, preuve que la science sait aussi éveiller les papilles ! Mais au vu de l’enthousiasme des participants et de la fréquentation de notre stand, nous pouvons savourer pleinement cette belle réussite.

Une seule saveur n’aura finalement pas été testée : un petit goût d’inachevé !


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